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Aux confins de l'Amérique, ep.4: Figures de l'absence

  • adrienrauline
  • 15 janv.
  • 2 min de lecture

Quelques musiques sur l'absence très présentes à mon coeur.


-Leonard Bernstein, My Darlin' Eileen (Wonderful Town). Dans cette comédie musicale de 1953, Ruth et Eileen quittent leur Ohio natal afin de conquérir New York. Mais qui les y attend? Un éditeur froid, des hommes lubriques... Ville rêvée de l'ivresse sans trêve, New York se fait royaume de la solitude- jusque dans le Wrong Note Rag un peu plus loin dans l'oeuvre, où la fausse note symbolise la dissonance de la réalité- et en passant par ce numéro simple et beau, My Darlin' Eileen.


-Louis Gruenberg, O'Lord! Standin' in the Need of Prayer (the Emperor Jones). Un grand compositeur très peu connu, qui bien avant les pièces jazz de Bernstein, écrivait déjà Jazzettes op.26, Jazzberries op. 25, Jazz Masks op.30A... Ici un appel déchirant à celui qui reste parfois absent toute une vie.


-Bob Dylan, I'm Not There (the Basement Tapes). À la fin des années 60, Bob Dylan a un accident de moto. Blessé, il s'enferme dans son sous-sol, et tous les jours, enregistre des chansons avec ses amis. Elles sortiront sous le nom de Basement Tapes, et montrent une Amérique secrète, qui s'érige en silence contre le monde qui naissait à cette époque. I'm Not There, ma chanson préférée de l'album, concentre la mélancolie d'une génération qui tente de trouver sa place dans l'Histoire, une génération politisée sans toujours avoir la force de combattre, la génération de ce que Greil Marcus appellera la "République invisible".


-David Bowie et Placebo, Without You I'm Nothing. Cet album réunit deux très grands rockeurs: je repense au premier, mort il y a dix ans, avec une petite émotion. On y part d'une chanson: puis trois remix. Thème et variations rock- la distinction entre musique "classique" et "populaire" est peut-être à repenser.


-Maurice Ravel, Concerto pour la main gauche. Je finis avec mon très cher Maurice. Écrit juste après sa tournée américaine, ce concerto rêve l'Amérique elle-même. C'est l'absence du jazz qu'on y entend: l'absence d'une musique jeune, symbole d'un pays jeune, où tout était encore possible, vue par les yeux de la musique européenne, superbe et épuisée, à un tournant de son histoire.

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