top of page

Aux confins de l'Amérique, ep. 7: Dans l'atelier de John Singer Sargent

6 oct.
2 min de lecture

Avant Norman Rockwell et ses célèbres peintures dénonçant le racisme, aux États-Unis, il y avait John Singer Sargent. Actif des années 1880 à sa mort en 1925, ce peintre souvent rattaché à l'impressionnisme est un monument de l'art américain, un monument bien inconnu en France. Alors pour découvrir l'esprit de cette oeuvre, à mi-chemin entre Pissaro, Gréco, Ingres et Gainsborough, quelques tableaux de John Singer Sargent "mis en musique" par mes soins.


-On commence par une rareté. En 1901, notre peintre réalise le portrait d'Ethel Smyth, grande féministe et compositrice britannique, dont l'oeuvre est belle et trop peu diffusée. L'année d'après, en 1902, elle s'attelle à un grand quatuor à cordes, dont voici une interprétation:




-Le plus célèbre tableau de Singer Sargent est peut-être le portrait de Madame X, sous lequel se cache Virginie Gautreau, fille du banquier parisien Pierre Gautreau et expatriée en Louisiane. Quelle beauté dédaigneuse! La robe portée sur ce tableau inspire le couturier du film Gilda (1946), de Charles Vidor, pour créer la robe de Rita Haysworth, l'actrice principale. Pour regarder Madame X, écoutons la plus célèbre chanson du film, Put The Blame on Mame.





-J'aime la façon dont Singer Sargent a peint l'Europe. Je retrouve dans ses tableaux l'Italie d'Hemingway ou la côte d'Azur de Fitzgerald. Alors pour mettre en musique Sentiers à l'ombre, Biscaye (1917), le regard d'un autre artiste sur les gens obsédés par l'Espagne, un regard poétique et décalé, bien sûr, Erik Satie, "Espanana".





-Le dernier tableau de Singer Sargent est un portrait de Lady Curzon, fille du représentant des États-Unis au Brésil. Réalisé l'année de sa mort, ce tableau en est d'autant plus émouvant. Il est d'un classicisme que beaucoup, en 1925, ont répudié depuis longtemps. La femme représentée est d'une dignité à toute épreuve, la perfection du port de tête faisant contrepoint à la mélancolie.

Cette oeuvre m'a tout de suite fait penser à une musique que j'adore: Facsimile, de Leonard Bernstein. Composée 20 ans après, elle est empreinte de la même mélancolie, de ceux qui se savent les derniers représentants d'un monde perdu.




Posts récents

Voir tout

Commentaires


Join my mailing list and get informed.

© 2025 par CVW pour Adrien Rauline

bottom of page